Potentialités/Tourisme
Agriculture
La région d’Obock dispose de véritables potentialités dans le domaine de l’agriculture. Cette région dispose des terres arables en quantités suffisantes de (5 000 ha) notamment dans la région de Bissoudirou où l’eau est en abondance.
Elevage
Obock est une région d’élevage, qui occupe près de 40% des actifs de la région et mérite d’être pris en charge pour atténuer les freins qui empêchent à sa modernisation (la sécheresse récurrente, insuffisance des pâturages communautaires, insuffisance des intrants vétérinaires, manque de vaccins, faiblesse de productivité de l’élevage, etc…). Grâce à sa façade maritime de plus 100km, elle peut être une plateforme pour l’attroupement, la réexportation des caprins, bovins et camelins vers le Yémen et les pays de la péninsule arabique. De ce fait, le développement du secteur de l’élevage à Obock peut confirmer ce statut de plate‐forme qui aurait un impact important pour le développement local.
Pêche
Obock dispose de zones en ressources halieutiques riches et abondante. Toutefois, la pêche pratiquée est de type artisanale, utilisant des techniques de pêche sélective, entre autres :
- les lignes à la main et les lignes à la traine,
- le filet maillant,
- l’épervier pour la pêche à pied,
- la pêche en plongée pour la capture des langoustes et les holothuries.
Avec une production (formelle et informelle) moyenne à 1500 tonnes/an environ, le poisson ne joue pas un rôle important dans la consommation des produits d’origine animale (consommation estimée de 3.5kg/hab/an).
Tourisme
Le tourisme est un secteur prometteur dans la région, Obock dispose de fortes potentialités naturelles et culturelles qui peuvent attirer des touristes nationaux et internationaux. Comme ses belles plages désertes, ses mangroves sauvages de Godoria et de Khor Angar et ses fonds sous-marins d’une exceptionnelle beauté peuplés d’innombrables espèces de poissons.
Les mangroves de Godoria, de Ras-Syan et de Khor-Angar
Les mangroves sont des formations végétales caractérisées par des forêts de palétuviers et couvrent environ 700-800 ha. A Djibouti, ce type de biotope est localisé dans des fleuves et huit aires de mangroves ont été identifiées sur tout le littoral. Les trois aires les plus importantes se trouvent sur la Côte Nord, entre Obock et Doumeira. Se sont :
1) La mangrove de Godoria
2) La mangrove de Khor Angar
3) La mangrove de Ras Siyan
La mangrove de Godoria est composée de Ceriops tagal avec une frange de Avicennia marina et de Rhizophora mucronata. Elle est située sur la côte nord, entre Obock et Khor Angar et est la plus importante du pays.
La mangrove de Khor Angar se trouve autour de deux criques alignées parallèlement avec la côte. La partie septentrionale se compose essentiellement d’Avicennia marina, et la partie méridionale de Rhizophora mucronata et Ceriops tagal.
La mangrove de Ras Syan est composée uniquement d’Avicennia marina. Cette mangrove est une longue et étroite lisière qui longe la plage située à proximité de la baie aux eaux peu profondes de Ras Siyan. Ces arbres jouent un rôle significatif de stabilisateur des côtes.
Ces trois mangroves comportent ainsi plusieurs strates des ligneuses tels que les palétuviers. Elles constituent des habitats pour des nombreux animaux terrestres et marins représentant une diversité biologique importante. Elles sont également le lieu de rencontre d’un grand nombre d’oiseaux (héron vert de la mer rouge, pélican, oiseaux aquatiques).
Le massif montagneux des monts Mabla
Le massif montagneux des monts Mabla à plus de 1000m d’altitude est situé à 25 km à l’ouest d’Obock, derrière la plaine côtière où la mer rouge rejoint le golfe d’Aden. Ce deuxième massif du pays abrite la deuxième forêt. Elle est composée d’Acacia seyal, de Buxus hildebrandtii, d’Acacia mellifera et d’Acacia etbaica. C’est une forêt ouverte avec peu de grands arbres. Des zones de végétation dense sont limitées aux ravins et aux versants des montagnes. Toute cette structure végétale abrite une faune riche avec des espèces emblématiques telles que : Le beau marquet melba « à queue jaune » le Pytilia melba flavicaudata, le pigeon rameron Columba arquatrix, le pouillot ombré Phylloscopus umbrovirens, le moucherolle de paradis Terpsiphone viridis et le petit-duc africain Otus senegalensis, ainsi que la population endémique de francolins de Djibouti Francolinus ochropectus.
Dans le massif des monts Mabla, on trouve également des aigles de Verreaux Aquila verreauxii et de Bonelli Hieraaetus fascietus. Sont aussi repérés, le Juniperus procera, des Papio hamadryas, l’oréotrague Oreotragus oreotragus.
Les îles de Sept Frères
Les îles des Sept Frères ou îles Sawabi sont de petites îles volcaniques situées dans le détroit de Bab-el-Mandeb qui sépare la mer Rouge de l’océan Indien. Les six îles s’appellent : la Grande île (Khadda Dabali), l’île de l’Est, l’île du Sud, l’île Tolka (ou Basse), l’île Double, et l’île de l’Ouest (ou Ronde). La septième île nommée, le «septième frère» est la presqu’île de Ras Siyan qui fait le lien avec la côte. Ce sont des îles désertiques sans végétations occupées par des colonies d’oiseaux qui viennent s’y reproduire.
Le caractère unique de la biodiversité et de la biogéographie de ces îles et de leur nature spectaculaire, tant au-dessus qu’en dessous de la mer, leur confère une valeur exceptionnelle. En effet, la faune marine riche des îles est caractérisée par des zones de petits « upwelling » des habitats et des zones de récifs coralliens.
La diversité des poissons est très élevée. On y trouve des espèces endémiques à la fois de la Mer Rouge, du Golfe d’Aden et de la Mer d’Arabie, les tortues, notamment les Erytmochelys imbricata.
En plus de la flore et la faune marine exceptionnelle, les îles de Sept Frères sont un important site de nidification des oiseaux de la mer. Les îles abritent des goélands de Hemprich Larus hemprichii, des sternes huppés Sterna bergii et des sternes voyageuses Sterna bengalensis. Elles hébergent également le balbuzard pêcheur Pandion haliaetus, le faucon concolore Falco concolor. Sous certaines conditions climatiques, les îles sont également des lieux de transits pour les oiseaux migrateurs.
Le Phare de Ras-Bir
Le phare de Ras Bir (Image) situé sur la côte de la mer Rouge, dans le nord-est marque l’entrée du golfe de Tadjourah et a pour rôle de guider les navires naviguant dans cette zone, qui est connue pour ses conditions maritimes parfois difficiles.
c’est une structure importante pour la sécurité maritime, car il permet d’éviter les récifs et les zones peu profondes qui bordent la côte. Sa lumière est visible à plusieurs kilomètres en mer et contribue à la navigation des bateaux dans cette région stratégique de la mer Rouge.
Le phare de Ras Bir compte environ 155 marches dans son escalier menant à la lanterne. Cette ascension permet aux gardiens du phare d’accéder à la plateforme d’observation et à la lampe qui émet la lumière servant à guider les navires.
Sources d’eau chaude
Des sources thermales (Image) et des émanations de vapeurs sulfureuses, réputées dans la région pour leurs propriétés thérapeutiques, font actuellement l’objet d’étude de spécialistes, désireux d’une utilisation rationnelle
Lieux et Monuments
Obock a conservé quelques vestiges qui témoignent encore aujourd’hui du passage des Français, faisant de la région un lieu chargé de mémoire.
La résidence de Lagarde, qui est aujourd’hui la demeure du préfet de la région, est un bâtiment emblématique de l’ère coloniale. Cette maison, construite à la fin du XIXe siècle, a été le foyer du premier administrateur français de la région, le colonel Lagarde. Située sur les hauteurs d’Obock, elle offre une vue imprenable sur la mer Rouge et la ville portuaire. Ce lieu symbolise la domination française sur cette partie du monde à l’époque.
La Tour Soleillet est un autre monument important de l’histoire d’Obock. Conçue comme un phare militaire au XIXe siècle, elle servait à surveiller les approches maritimes et à signaler la présence des navires. Elle tire son nom de l’ingénieur militaire français, le colonel Soleillet, et représente un autre aspect de l’infrastructure coloniale développée pour contrôler la région. Aujourd’hui cette tour peinte en noir et blanc sert de guide aux navires entrant en rade d’Obock.
Obock est également liée au poète français Arthur Rimbaud, qui y séjourna en 1883-1884. Bien que la maison Rimbaud ne soit pas nécessairement la résidence d’origine du poète, elle évoque son passage en Éthiopie et ses séjours dans la région. Cette maison, témoigne de la vie de Rimbaud à une époque où il était déjà engagé dans ses aventures commerciales plutôt que littéraires.
Henry de Monfreid, écrivain et explorateur français. Sa maison, aujourd’hui un site de mémoire, rappelle son influence dans la région. Monfreid, qui a vécu en mer Rouge pendant de longues années, était un témoin privilégié des relations entre les Européens et les populations locales. Il a écrit plusieurs ouvrages sur ses expériences, contribuant à la connaissance de cette région du monde.
Enfin, le cimetière marin d’Obock est un site poignant qui rend hommage aux nombreux Français qui ont marqué de leur présence la région, mais aussi à ceux qui ont péri lors de la colonisation. Le cimetière, où reposent plusieurs soldats et colons, est un lieu de mémoire silencieux qui invite à la réflexion sur les sacrifices humains dans le cadre de l’expansion coloniale.